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L'odyssée de la mer

propos recueillis par Annick Colona-Césari

La Bibliothèque nationale a relu l'Histoire avec des œuvres inspirées du monde marin. Conseiller scientifique de l'exposition, Alain Corbin commente cette immersion très éclectique

Depuis le Moyen Age, la mer suscite terreur et fascination. C'est cette fabuleuse aventure de l'imaginaire que retrace une exposition de la Bibliothèque nationale de France. Des enluminures illustrent la Genèse, des manuscrits médiévaux relatent tempêtes et naufrages, les cartes nautiques sur parchemin dessinent les contours incertains de continents inconnus, plus loin des ouvrages scientifiques décrivent les premiers scaphandres ou les sous-marins balbutiants. Ces trésors côtoient des œuvres d'artistes de tous horizons, qu'il s'agisse d'une photo de Gustave Le Gray, d'une estampe de Katsushika Hokusai, d'une encre de Victor Hugo, d'une affiche des Dix Commandements, de Cecil B. De Mille, ou encore d'une bande dessinée d'Hugo Pratt...

 
Visite de l'exposition commentée par Hélène Richard,
directeur de la Bibliothèque nationale de France

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Reportage vidéo réalisé par Pauline Lecuit
Quand on évoque aujourd'hui la mer, on pense à la pêche, aux baignades et à la navigation. Pourtant, lorsqu'on se penche sur l'Histoire, on s'aperçoit qu'elle est d'abord un fabuleux support d'imaginaire. Aussi loin que remonte la mémoire, la mer a toujours fasciné. Comment l'expliquer?
La mer a d'autant plus suscité l'imaginaire qu'elle a longtemps signifié l'inconnu. Dans l'Antiquité, on ne connaît ni sa profondeur ni son étendue ni les raisons de ses mouvements. Platon, au Ve siècle avant Jésus-Christ, croit que le fond des mers communique avec les profondeurs de la terre, et que les tempêtes et les marées sont causées par la respiration d'un monstre marin. Selon une tradition, Alexandre, roi de Macédoine, serait descendu sous la mer. Dans des manuscrits enluminés du Moyen Age, on le voit immergé dans une sorte de nasse, préfiguration du sous-marin. En fait, jusqu'au XIXe siècle, l'homme n'est pas descendu au-dessous de 40 mètres.

On s'interroge également sur sa superficie...
Les Anciens ne connaissaient la mer que grâce au cabotage. Les cartes marines exposées à la BNF - les portulans - montrent qu'il faut attendre le Moyen Age pour que les premiers contours soient dessinés avec une certaine précision. En 1290, la carte Pisane, la plus ancienne parvenue jusqu'à nous, dessinée à la plume sur du parchemin, matérialise les côtes méditerranéennes. Mais les questions restent considérables. Qu'y a-t-il au-delà? Le monde est-il infini? Ne risque-t-on pas de basculer, si on va trop loin? Au XIVe siècle, les voyages se multiplient. L'Atlantique demeure un espace illimité jusqu'à ce que, à la fin du XVe, Christophe Colomb aborde l'Amérique et, surtout, que Magellan entreprenne le premier tour du monde. Une chose est sûre. Il n'y a pas d'un côté les fous et les poètes, de l'autre les savants. Science et imaginaire sont imbriqués.

Les mystères et la violence de la mer provoquent donc la terreur.
Oui. Le navigateur peut se perdre dans les abîmes d'une mer peuplée de divinités et de monstres, pieuvres géantes, baleines hideuses, dragons ou serpents de mer. Chez les Grecs, les horribles Charybde et Scylla incarnent les courants qui poussent les bateaux sur les récifs du détroit de Messine, tandis que les séduisantes sirènes attirent les marins, par leurs chants mélodieux, dans des profondeurs mortifères. Plus tard, les légendes septentrionales, et notamment scandinaves, développent le mythe du Kraken, poulpe géant qui entoure de ses tentacules les navires avec leurs équipages, les entraînant dans la mort. Aux yeux des chrétiens, la mer, née du chaos originel, évoque le monde du mal. L'embarquement représente la naissance, le port, le salut. Tandis que tempêtes et naufrages sont des épreuves initiatiques, figurant les tentations, le péché. Il est donc logique que les monstres hantent également la Bible. C'est ce dont témoigne, dans l'Ancien Testament, la baleine qui engloutit Jonas. Lequel reste trois jours dans son ventre, avant d'être sauvé par Dieu.

Jusqu'à quand durent ces croyances?
Au cours du XVIIIe siècle, les émotions suscitées par l'étendue marine changent. L'arrière-plan apostolique s'efface au profit du spectacle de la Création. Désormais, il s'agit de détailler les beautés du monde voulu par Dieu, telles qu'elles se déploient sous les yeux des chrétiens. D'autre part, si la mer, par ses colères et ses naufrages, inspire toujours la crainte, la tempête n'est plus vécue comme la manifestation de l'ire divine mais comme une expérience du sublime. Au XIXe siècle, les romantiques, peintres et écrivains, se font les chantres de l'émotion qu'occasionne la confrontation prométhéenne avec les forces de la nature. C'est ce qu'on voit dans les tableaux de Turner ou de Caspar Friedrich. Pour les écrivains, la mer est une voix qui parle d'éternité. Victor Hugo exalte l'effort de l'homme contre les éléments, mais associe la mer à l'engloutissement. Dans Les Travailleurs de la mer, la lutte de Gilliat contre la pieuvre est féroce. Elle trouve un écho dans Vingt Mille Lieues sous les mers, de Jules Verne, lorsque l'équipage du Nautilus se bat, à la hache, contre les poulpes géants. Il ne faut pas oublier Michelet. Spectateur des déchaînements de la mer, sur la plage de Saint-Georges-de-Didonne, il exalte, au milieu du XIXe siècle, sa fécondité. Une fascination qui, pour lui, est indissociable de celle suscitée par la femme et aussi par le peuple.

Le développement des techniques et les progrès de la connaissance n'entraînent-ils pas un appauvrissement de l'imaginaire?
La seconde moitié du XIXe siècle est le temps d'une accélération des connaissances. En 1872, les campagnes du navire Challenger autour du monde inaugurent cette révélation des profondeurs et entament un mouvement d'exploration qui n'a pas cessé. Elles sollicitent plus que jamais écrivains et artistes. Ainsi, le succès de Vingt Mille Lieues sous les mers vulgarise cette fascination exercée par l'exploration sous-marine, comme en témoignent notamment les pages consacrées à la découverte de la mystérieuse Atlantide. Aujourd'hui, les fonds marins sont évidemment connus, les mouvements de la mer expliqués, prévisibles. Elle n'en conserve pas moins ses capacités d'effroi. Elle se fait espace d'aventure individuelle où les navigateurs prennent de nouvelles figures de héros.

 


La Mer, terreur et fascination: Bibliothèque nationale de France, Paris (XIIIe). Jusqu'au 16 janvier 2005. Au Quartz de Brest, à partir du 3 mai 2005. Livre- catalogue, BNF/Seuil: 50 €.

 

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