index

PAGE ACCUEIL

Alfonso de Albuquerque

Barendsz ou Barents

Bateau

Les bateaux

Martin Behaim

Boris

Les relations de Byzance et Venise au XIème siècle

Pedro Alvares Cabral

Cam

Caraques

La caravelle

Conférence

Informations générales sur la carte marine

Jacques Cartier 1491

Champlain

Samuel Champlain

C Comomb

CROZIER

MAGELLAN

CHRISTOPHE COLOMB

Pedro Alvares Cabral

LES CORSAIRES

Hernan Cortes

la découverte des pôles

 

L’autorité pontificale et le commerce négrier de 1537 à 1622

  Ces deux dates ont été choisies parce qu’elles marquent deux événements qui nous paraissent mériter attention. La première rappelle quelques actes de Paul III, les seuls du XVIe siècle qui évoquent le problème de l’esclavage de telle façon que d’aucuns les considèrent comme la première partie prise de position officielle qui serait une condamnation claire de la servitude des nègres. La date de 1622 marque la création de la Congrégation de « Progaganda Fide » suivant.

Il s’agit d’abord de la lettre « Pastorale Officium » de Paul III, du 29 mai 1537, adressée au cardinal Jean de Tavera, archevêque de Tolède,

  « A vrai dire, Ces Indiens, bien que vivant en dehors du sein de l’Église, n’ont pas été ni ne peuvent être privés de leur liberté ou de la possession de leurs propres biens, puisque ce sont des êtres humains et dès lors appelés à la foi et au salut. Ils n’ont pas à être annihilés par l’esclavage, mais doivent être invités à la vie par la prédication et l’exemple.

Et nous vous enjoignons d’interdire sévèrement à toute personne, quels que soient sa dignité, position, condition, rang ou excellence, de réduire les Indiens sus-mentionnés en esclavage de quelque façon que ce soit ou d’oser les priver de leurs possessions de quelque manière que ce soit, sous peine d’encourir l’excommunication « latae sententiae », Si elle le fait ».

 

  C’est une défense énergique de la cause des Indiens, mais il n’y est question ni de l’esclavage des Noirs ni de la traite négrière. La seconde lettre du pape Paul III au cardinal-archevêque de Tolède fut écrite quelques jours plus tard et est adressée à tous les chrétiens. Il s’agit de la lettre « Veritas Ipsa » datée du 2 juin 1537.

  « La Vérité elle-même, qui ne peut décevoir ni être déçue, lorsqu’elle chargea les prêcheurs de la foi de prêcher, a dit, comme on le sait, « Allez enseigner toutes les nations ». Elle a dit toutes sans aucune discrimination, car toutes sont capables de recevoir l’instruction de la foi.

L’ennemi de l’humanité qui s’est opposé de tous temps aux bonnes entreprises afin de les réduire à néant, conscient de cet ordre et poussé par l’envie, inventa une méthode inconnue jusqu a ce jour, d’empêcher que la parole de Dieu soit prêchée aux nations afin de les sauver.

Car il a existé quelques-uns de ses satellites qui, âprement désireux de satisfaire leur convoitise, ont pris sur eux d’affirmer que les Indiens occidentaux et méridionaux et les autres nations qui nous sont connues à ce jour, sous prétexte qu’ils sont dépourvus de foi catholique, doivent nous être soumis en servitude ; et ils sont vrai­ment asservis et traités avec un tel manque d’humanité que leurs maîtres oseraient à peine manifester une telle cruauté à l’égard des animaux qui les servent ; à cet effet, nous qui, bien qu’indignes, som­mes le vicaire de notre Seigneur sur terre et qui recherchons de tous nos efforts les brebis de son troupeau qui nous a été confié, qui sont en dehors de son sillage, afin de les ramener à son sillage, pensons que ces Indiens, comme de vrais hommes ne sont pas seulement aptes à la foi chrétienne mais également, comme on nous l’a fait connaître, qu’ils peuvent embrasser la foi avec la plus grande promptitude, et désirant leur fournir les remèdes adéquats, décrétons et déclarons par l’Autorité Apostolique, que les Indiens sus-mentionnés et toutes les autres nations qui peuvent à l’avenir parvenir à la connaissance des chrétiens, bien qu’elles soient en dehors de la foi du Christ, peuvent librement et légalement user, posséder et jouir de leur liberté et de leur autorité dans ce domaine, et qu’ils ne peuvent pas être réduits en esclavage, et que tout autre Chose qui ait été faite soit nulle et non avenue.

 

De plus, que ces Indiens et autres nations sont invi­tés à participer à la foi suscitée du Christ par la prédication de la parole de Dieu et par l’exemple d’une bonne vie ».

 

  Le même Paul III émit la bulle « Sublimis Deus » sur l’esclavage, la même année 1537, à peu près dans les mêmes termes que sa lettre du 2 juin.

  « …Les Indiens et tout autre peuple qui pourrait être découvert plus tard par les Catholiques, bien que n’étant pas chrétiens, ne peuvent en aucune façon être privés de leur liberté et de leurs possessions. Au contraire, ils peuvent et doivent être autorisés à jouir librement et légalement de leur liberté et de leurs possessions. Ils ne peuvent en aucune manière être asservis ; et s’ils sont ainsi asservis, leur escla­vage doit être considéré comme nul et non avenu ».

    Origine de ces prises de position

  Certains attribuent Ces prises de position à l’action de Las Casas. Nous ne pensons pas que cela soit tout à fait exact. Car en 1537, il est en Amérique centrale et ne jouissait pas encore de la grande influence qu’il acquiert plus tard par sa présence en Espagne où il a ses entrées à la cour royale.

Certes, le point de vue de la bulle rejoint celui de Las Casas qui rejette la théorie aristotélicienne, en déclarant en 1519 contre Juan Quevedo, évêque de Darien : « Notre religion chrétienne convient et peut être adaptée à toutes les nations du monde et toutes peuvent la recevoir également ; et personne ne peut être privé de sa liberté, ni ne peut être asservi sous prétexte qu’il est "un esclave naturel" comme semble le soutenir le révérend évêque de Darien »

Selon Raymond Marcus, c’est sur les instances d’un ami de Las Casas, le P. Minaya que le pape Paul III aurait promulgué la bulle « Sublimis Deus » le 4 juin 1537. Cette bulle a d’ailleurs été insérée par Las Casas dans son traité en latin sur la seule manière d’amener tous les peuples à la vraie religion.

Cette avalanche de décisions qui ne concernent en priorité que le sort des Indiens est sans doute le fait de l’action des dominicains et due aux débats qui eurent cours dans les universités et les milieux de trafiquants pour savoir si les Indiens étaient de véritables êtres humains ou des sous-hommes dépourvus des caractéristiques et des capacités humaines.

On ne peut que se féliciter de ce que ce débat ait eu lieu, mais il faut aussi reconnaître qu’il n’a pas résolu le problème des nègres.

    La cause des nègres .

  Dans les textes de Paul III, les Indiens sont explicitement désignés, c’est donc d’eux qu’il s’agit. Dans sa lettre du 2 juin, Paul III parle des « autres nations qui nous sont connues à ce jour » et dans la bulle « Sublimis Deus », il est question de « tout autre peuple qui pourrait être découvert plus tard ». L’expression « autre peuple » a été utilisée trois fois dans le texte, en coordination avec les Indiens.

Dans l’un et l’autre cas, il ne nous paraît pas du tout évident qu’il puisse s’agir des nègres qui étaient largement connus comme esclaves en Espagne et dans les milieux pro-indiens qui ont inspiré les lettres.

Par ailleurs, c’était la période où Las Casas et ses compères militaient encore pour que les nègres soient envoyés en Amérique pour soulager la peine des Indiens et assurer le développement des nouvelles colonies. Il ne pouvait donc leur venir à l’esprit de s’engager contre la traite des Noirs. Cela reviendrait à vouloir une chose et son contraire à la fois.

Il pourrait donc paraître surprenant que Mgr L. Conti, représentant le Saint-Siège à Port-au-Prince en Haïti, invité à la réunion de l’Unesco en janvier-février 1978, ait cité les Actes de Paul III comme l’expression de l’action directe de l’Église catholique en matière de traite négrière. Cela ne correspond pas tout à fait à la vérité historique.

A notre avis, les textes, les faits et les préoccupations du moment nautorisent pas cette extrapolation En tout cas, à aucun moment, il n’a été question de nègres ni de nations ou de populations de Guinée ou d’Éthiopiens, ce qui signifierait la même chose. Il s’agit plutôt de l’esclavage des Indiens et de la légitimité de leur évangélisation parce qu’ils sont des hommes comme les autres.

Marxwell note qu’après ces condamnations énergiques de l’esclavage des Indiens et du racisme naissant à leur endroit, Paul III fut « l’objet de lourdes pressions et, le 19 juin 1538, sur l’insistance du gouvernement d’Espagne, il retira la sanction d’excommunication » qui menaçait les contrevenants.

En conclusion, nous pouvons noter qu’après 1537, alors que la traite commençait à s’intensifier, aucune prise de position officielle et solennelle de l’Église ne semble s’être clairement et explicitement manifestée pendant tout un siècle contre la traite des Noirs.

Il faudra attendre la création de la Congrégation de « Propaganda Fide », en 1622, pour que ce nouvel organisme de la Curie enregistre de nombreuses plaintes de la part de certains missionnaires. Elle s’efforcera alors d’y répondre de manière plus ou moins claire selon les circonstances. Ce qui parait évident c’est que le problème de la traite négrière est loin d’être ignoré à Rome.

Cependant, si les condamnations de Paul III ne parlent pas explicitement des Noirs et du traitement qu’ils subissaient parce que les instigateurs de la bulle n’y avaient pas intérêt, il faut reconnaître que, pour la première fois, un pape ne fait pas de distinction entre chrétiens et non chrétiens en ce qui concerne les droits fondamentaux des victimes.

Il protège les Indiens autant dans leur dignité que dans leurs biens. Malheureusement, cette prise de position suscita des oppositions violentes et divisa les religieux en partisans et adversaires du statu quo.

La Constitution « Populis » du pape Grégoire XIII du 25janvier 1585, sollicité par certains comme un acte du Saint-Siège contre la traite négrière, n’ est rien d’autre qu’un acte d’aménagement de l’esclavage noir en Amérique qui traite des problèmes du « privilège paulin » basé sur 1 Corinth. 7, 12-15. Ce privilège libère la partie convertie du lien matrimonial en cas de difficulté de cohabitations avec la partie restée païenne.

 

index

Juan Ponce de Léon

Francis Drake

DUMONT DIRVILLE

caraques

LES caravelleS

ESCLAVAGE

Église de la Réforme

EXPLORATEURS ET CONQUERANTS

Photothèque  exposition photo

François Ier

Martin Frobisher

Georges JEHEL

Ernestine Carreira

Les grandes découvertes

Page d'accueil

Juan Diaz de Solis

La découverte et l

LA PÉROUSE

Léon l

Jean LESSEPS

MAGELLAN

Fernand de Magellan

Marquette

La thalassocratie phénicienne

ODYSEE DE LA MER

Ojeda

Orellana

Ortelius

Vincente Yamez Pinzon

Le début du XVIe siècle fut marqué pour le Portugal ..

Gaspar Corte Real

ESPAGNE

Juan Diaz de Solis

Vasco de Gama

En Avril 1524

Giovanni da Verrazzano 1485

Verrazzano page 2